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March 19, 2012

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Le 5D MkIII : bon à tout faire

by Awstein
Capture d’écran 2012-03-18 à 23.56.52

C’est la saison. Après Fuji et Nikon, c’est au tour de Canon d’annoncer son boîtier pour amateurs fortunés ou pour professionnels qui voyagent léger : le Canon 5D MkIII. Après l’évolution 5D, qui avait mis le capteur plein format à la portée du grand public, après la révolution 5D Mark II, qui a intégré une vidéo de qualité professionnelle aux appareils photo, qu’est le 5D Mark III ? Un Big Bang ? Eh bien, non, pas vraiment. Mais il est exactement tout ce qu’on attend de lui.

Enfin un boîtier à la hauteur du capteur

La première chose qu’il offre de plus que ses prédécesseurs, c’est un boîtier solide et professionnel. Fabrication en magnésium, joints qui permettent une tropicalisation excellente, prise en main solide grâce à des formes revues. Increvable.

L’électronique est du même acabit. Alors que, jusque là, Canon avait toujours réservé sa technologie haut de gamme, par exemple un autofocus décent, à sa gamme pro, il consent enfin à en doter la série 5. On passe ainsi d’un ancêtre à 9 collimateurs à un monstre de 61 collimateurs qui bénéficie de la même technologie que le 1Dx. Il est efficace jusqu’à -2EV, contre le -0,5EV faiblard du 5D MkII. Le processeur Digic5+, qui permet des calculs 17 fois plus rapide que l’ancien Digic4, est également transposé au 5D MkIII. Résultat : 6ips. C’est bien.

Autofocus 5DmkIII

61 collimateurs pour le nouvel autofocus Canon.

Enfin, gadget mais utile, un mode silencieux est désormais disponible. Il reste audible, beaucoup plus qu’un appareil sans miroir, mais est nettement plus discret qu’un bruit d’obturateur classique. A chacun de voir midi à sa porte – même silencieux, un reflex n’est pas le parangon de la discrétion. Mieux vaut, si c’est votre credo, songer à vous équiper d’un Fujifilm X-Pro1.

22Mpx, est-ce trop peu ?

Ce qui peut surprendre, c’est que par rapport au 5D MkII, le 5D MkIII n’a gagné que très peu de Mpx. 21,2 à 22, ce n’est pas gras. Quand à côté Nikon annonce un D800 à 36Mpx, on pourrait être tenté de croire que Canon n’a rien changé à son capteur et s’est endormi sur ses lauriers.

C’est faux, et c’est même une critique très injuste. Pour le comprendre, il faut se demander qui et dans quelles circonstances peut avoir besoin de plus de 22 Mpx. 22 Mpx, c’est une impression d’excellente qualité en A2. Seuls les professionnels de la mode et de la publicité dépassent régulièrement ce format.

Dans une inversion de stratégie digne d’un thriller, c’est à ces derniers que Nikon a décidé de faire plaisir avec son D800, tandis que Canon tente de s’attaquer à la clientèle naturelle de Nikon : photographes de mariage, reporters, photographes de concerts, bref tous ceux qui ont l’habitude de prendre des photos en lumière limitée.

Image test du 5DMKIII à 12800 ISO sur dpreview (cliquez pour la galerie)


Et un crop à 12800 ISO. Propre, non ?

Car la force de ce nouveau capteur, ce sont ses cellules plus grandes, plus grandes évidemment que celles d’un capteur 36Mpx, mais aussi plus grandes que celles du 5D MkII : une nouvelle technologie a permis à Canon d’en supprimer les bordures. Il s’agit bien d’une avancée technologique. Qui porte ses fruits : une qualité d’image qui, à première vue, dépote tout, même à 6400 ISO, et qui grimpe jusqu’à 25600 ISO natifs. Autrement dit, aussi bien qu’un Nikon D4. Le D800, lui, est vite à la traîne.

Le nouveau capteur Canon et ses cellules jointives

Le nouveau capteur Canon et ses cellules jointives

Associé au renforcement nouveau du boîtier, à l’autofocus complet et aux divers tweaks technologiques qui font passer le 5D MkIII dans la cour des grands, ce capteur permet à l’appareil d’être bon à tout faire – suffisant pour des tirages assez grand format, et excellent pour du reportage en conditions difficiles.

Et en vidéo ?

Là aussi, tout va bien. Le processeur Digic5+ du 5D MkIII est tellement performant qu’il peut se permettre de traiter le moiré pendant un tournage – manière efficace de résoudre un problème qui s’était beaucoup posé avec le 5DMkII.

De nouvelles options accessibles via la molette arrière permettent également de changer les paramètres de tournage sans faire de bruit. Pratique.

Enfin, de nouveaux formats sont disponibles désormais : tournage en 30ips, et en 720px, tournage à 60 ips. Jolis ralentis en vue pour les vidéastes internautes.

Seul problème par rapport au Nikon D800 : impossible de sortir des images directement en format non compressé, donc difficile de faire du direct. En revanche, une nouvelle option de compression, surnommée ALL-I, permet d’enregistrer toutes les images d’un film à la même compression, au lieu de sélectionner quelques “images clés” et d’enregistrer les autres à une compression très forte. La qualité du film en sera améliorée d’autant.

Malgré tout, vaut-il son prix ?

Ce qui a surpris tout le monde à l’annonce du boîtier, c’est son prix : un mirobolant 3299Euros. Aouch. C’est cher, très cher, c’est 400 euros de plus que le D800 avec filtre anti-aliasing, et 100 euros de plus que le D800E, l’édition spéciale. Canon vaut-il 10% de plus ?

  • Il faut se rendre compte que le prix pratiqué par les vendeurs diffère du prix conseillé par le fabricant – et historiquement, les prix Nikon baissent moins vite que les prix Canon. Deux mois après la sortie, la question risque de se poser dans l’autre sens.
  • Par ailleurs, dans un univers où le moindre objectif coûte 500 euros et où les appareils professionnels tapent dans les 6000, 200 euros d’écart ne devraient pas constituer un obstacle au moment de se demander quel investissement réaliser. Pour beaucoup, le 5D MkIII ou le D800 resteront des boîtiers principaux pendant 5 ans.
Sample Canon

Sample officiel Canon (attention, ils sont souvent assez moyens, mais vous pouvez cliquer pour la galerie entière)

Faut-il l’acheter ?

Vous l’aurez compris, pour moi la réponse est “oui”. Le Canon est désormais comparable à beaucoup d’égards à son cousin Nikon. La construction du boîtier et l’efficacité de l’autofocus, qui étaient des contre-arguments sérieux à l’achat d’un 5D, ont été améliorés en flèche et rattrapent la concurrence. Quant au capteur, il est tout ce qu’on peut en attendre : une résolution importante (sans être excessive), et une montée en ISO remarquable.

La question se pose bien sûr différemment si l’essentiel de vos photos sont des paysages, des photos de mode ou des photos de pub. Il est probable que vous étiez l’heureux possesseur d’un 5D MkII à l’époque de sa sortie. Il est aussi probable, et souhaitable, que vous revendiez toute votre gamme Canon pour vous jeter sur le Nikon D800, qui offre exactement tout ce que vous avez toujours voulu.

Si vous êtes dans ce dernier cas, envoyez-moi un mail d’abord. Moi qui fais le chemin inverse, je serai ravie de jeter un oeil à vos propositions de vente. En attendant d’avoir le 5D MkIII entre les mains.

Pour en savoir plus…

La prise en mains du boîtier par le photographe de mariage Jeff Ascough
De la promo sur le site de Canon par le photojournaliste Brent Stirton
Une prise en mains d’un modèle de production par un photographe indépendant

1 Comment Post a comment
  1. Dec 14 2012

    Et bien ça donne envie d’en avoir un. J’avais vue quelque part que le 5 mark II, ne valait pas tant le coup et qu’il valait mieux le markIII. Je trouve sa gestion du bruit en monté d’iso vraiment étonnante. Bon y a plus qu’a demander au père noel!! merci pour cet article

    Reply

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