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February 29, 2012

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Nikon : pourquoi le D800 ?

by Awstein
Capture d’écran 2012-02-29 à 17.17.29

Voilà deux ans que tout le monde fantasme sur le nouveau plein format d’entrée de gamme Nikon. Le D700 avait été un énorme succès, et reste un appareil exceptionnel. Mais depuis, la vidéo a fait son entrée. Alors le D800 était attendu comme le messie, et les rumeurs les plus loufoques circulaient à son sujet – d’autant que les sinistres que le Japon a connus ont figé le développement photographique pendant plusieurs mois. Le D800 a enfin été annoncé, le 6 février. Et il ne ressemble pas du tout à ce qu’on attendait de lui.

Bien sûr, il intègre la vidéo, comme prévu, et comme son grand frère, le très dispendieux D4. Plusieurs formats possibles, un suivi autofocus de qualité… Elle est à la hauteur des espérances. Les premiers résultats sont ici, je vous laisse juger de leur qualité. Personnellement, je préfère celle du D4. Mais c’est une question de goût.

Celle du D800.

Et celle du D4.

C’est aussi un appareil solide, châssis de magnésium tropicalisé qui ressemble à celui du D700 mais en légèrement plus petit et léger. L’interface n’a que peu changé, les commandes sont au même endroit, rien de dépaysant. Rien de bien innovant non plus, mais pourquoi changer une équipe qui gagne ?

D800 de dos

Il intègre deux slots carte mémoire, SD et CF, est cadencé à 4 images par seconde, pas la folie mais pas ridicule. Il est annoncé à 2999 euros dans sa version classique, 3299 dans sa version sans anti-aliasing (le D800E, encore plus piqué mais sujet au moiré). Oui, Nikon s’est même foulé pour offrir cette option à ses clients les plus exigeants – et les prix sont dans la fourchette attendue.

Mais alors, mais alors, qu’est ce qui ne va pas ?

La surprise est venue du capteur. Nikon avait toujours refusé de s’engager dans une bataille aux gigapixels. Quand Canon s’emballait avec des capteurs à plus de 20Mpx, Nikon en restait à 12. Leur credo : une résolution moins importante, des tirages moins impressionnants, mais une qualité d’image exceptionnelle en lumière difficile, grâce à une montée en ISO remarquable. En la matière, Nikon a établi tous les standards.

Et BIM, voilà qu’il nous sort un D800 qui affiche 36 mégapixels ! Alors qu’il a promis un D4 très raisonnable (sauf pour son prix, 6000 euros…) qui embarque 16,2Mpx et monte jusqu’à 12 800 ISO natifs, 204 800 ISO étendus ! Pourquoi ne pas avoir réutilisé ce même capteur ?

Ce choix audacieux a lancé un débat chez les fans de Nikon. Certains expliquent qu’ils n’en ont rien à faire de pouvoir recarder leurs images ou de les imprimer en format fresque. Que le piqué n’a pas besoin de 36Mpix pour exister. Et qu’en revanche, des cellules minuscules provoquent un bruit numérique important dès qu’on monte en ISO – une théorie que ces images comparatives entre le D800 et le D700, répercutées par le site Nikon Rumors, semblent confirmer.

Tests 6400 ISO

6400 ISO

Test 12 800 ISO

12 800 ISO

Test 25600ISO

25 600 ISO

D’autres sont ravis, et clament qu’ils ont toujours attendu un appareil professionnel d’entrée de gamme qui propose cette liberté dans le recadrage, cette précision dans les détails de l’image et qui offre ces possibilités pour le travail de paysage et de studio. Le piqué est effectivement fabuleux quand on regarde les échantillons – curieusement limités à 640 ISO.

Photo prise avec le D800

Photo échantillon du D800 - Cliquez pour en voir d'autres

Détail de la photo précédente

Et un détail. Admirez le piqué, on voit même les défauts du maquillage.

Les deux options de Nikon

Quoi qu’il en soit, la décision de présenter le D800 et le D4 en remplacement des D3s, D3x, D700 et D300 qui disparaissent des catalogues, peut signifier 2 stratégies possibles pour Nikon.

1) Le D800 et le D4 seront les deux seuls appareils à composer la gamme professionnelle Nikon.

  • POUR : Les deux appareils sont complémentaires. Le D4 est un boîtier de reportage très renforcé, avec une bonne autonomie, une belle vidéo et une montée en ISO record. Le D800 est un appareil tropicalisé, donc utilisable pour le paysage, et il fonctionne en studio, évidemment. Ses mégapixels sont parfaits pour qui peut maîtriser son éclairage. Superficiellement, la gamme pourrait tenir sur ces appareils.
  • CONTRE : Le D800 est un plein format d’entrée de gamme. Le boîtier n’a ni l’autonomie, ni la vitesse en rafale, ni la prise Ethernet du D4. Si Nikon ne propose pas de D4x, il laissera vacant le créneau de l’appareil studio haut de gamme. Avec le 1Dx de canon et ses 18Mpx, et le D4 et ses 16Mpx, les photographes de mode risquent de s’en plaindre.Un trou dans la gamme que Nikon aurait tort de ne pas combler.

2) Nikon va annoncer bientôt un D4x et un D400, ce dernier étant doté d’un capteur plein format de plus faible résolution mais qui monte fortement en ISO.

  • POUR : Si Nikon réutilise le capteur du D800 dans un D4x, il pourrait recaser le capteur du D4 dans un D400. Ce dernier ne serait pas tropicalisé, aurait une vitesse en rafale très inférieure au D4, n’aurait pas de prise Ethernet ni de carte mémoire autre que des SD. Il pourrait aussi avoir des options vidéo plus limitées. Toutes ces raisons pousseraient les professionnels à s’équiper du D4, mais le D400 remplacerait dignement le D700 chez les amateurs qui attendent une excellente performance en basse lumière.
  • CONTRE : Nikon étant célébré pour ses capteurs à définition plus basse mais à bonne montée en ISO, proposer un D400 qui monte à 200 000 ISO à un prix inférieur au D800 risque de pousser la clientèle à délaisser le D800.

Alors, que faire ?

  • Si vous prenez la majorité de vos photos en conditions lumineuses contrôlées, jetez-vous sur le D800. Le piqué qu’il offre est incroyable et si vous vendez vos photos à des agences, la liberté qu’aura votre client de les recadrer fera grimper vos ventes en flèche.
  • Si vous avez un besoin urgent de renouveler votre appareil et que vous tenez à rester chez Nikon, achetez le D800. Sa montée en ISO reste honnête, son piqué est remarquable, le boîtier est entièrement tropicalisé ce qui le rend polyvalent. Et un hypothétique D400 pourrait ne jamais voir le jour – à la sortie du D700, de nombreux photographes ont attendu un D700x riche en pixels, qui n’est jamais venu.
  • Si vous faites beaucoup de photos de concert, de reportages et d’images où la lumière n’est pas contrôlée, et que votre appareil tient encore la route, vous avez intérêt à attendre. Et pas seulement une nouvelle annonce Nikon. Canon, comme l’indique son 1Dx, a l’air de se calmer sur les pixels. Or, il risque d’annoncer dans le courant de l’année le successeur du 5D MkII. Imaginez un 5D MkIII doté d’une vidéo encore plus folle, avec un véritable suivi autofocus, et d’un capteur identique à celui du 1Dx.

A vous de voir. Mais le meilleur reste peut-être à venir.

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